En français, il existe trois radicaux qui désignent le feu : feu, pyr- et igni-.
Feu est dérivé de focus « le foyer, l’âtre », là où le feu brûle dans une maison. Il est – peut-être – apparenté au verbe foveo « réchauffer ». Comme souvent en latin vulgaire (qui a donné les langues romanes), le mot d’origine « ignis » a été remplacé par un autre mot : focus, qui a pris le sens de « feu » par métonymie. On retrouve focus dans fuego (esp.), fuoco (it.), fuoc (occitan), foc (catalan), etc.

Feu n’est pas utilisé comme élément pour former de nouveaux mots. En revanche, il a servi à former beaucoup de noms composés : pare-feu, cessez-le-feu, allume-feu. On retrouve aussi cette racine dans fioul, de l’anglais fuel « combustible »… du français médiéval fouaille « petit bois ».
Pyr- vient du grec πῦρ pûr. Il est issu d’un étymon indo-européen, qu’on reconstitue *pehwr. Il est apparenté étymologiquement à fire (angl.) et Feuer (allemand), où le p- initial se transforme en f- (comparer aussi pater/father), selon la mutation consonantique du germanique (la fameuse loi de Grimm, à suivre;).
Pyr- est un emprunt savant et tardif (XVIème siècle) au grec ancien, utilisé pour former surtout des mots techniques. Il n’existe pas indépendamment, mais seulement en tant que radical suivi d’un suffixe : pyromane, pyrotechnique, pyromancie, etc. En occitan, ce radical a donné des mots courants, comme empusar/empurar : « attiser, exciter ». En anglais, c’est l’origine du mot pyre, qui signifie « bûcher ».
Enfin, le radical igni- vient directement du latin ignis « feu » (apparenté au russe agon’ огонь « feu », à अग्नि Agni en sanskrit, le dieu hindou du feu ). Il s’agit là aussi d’un emprunt savant qui apparait aux XVe-XVIe siècles, qui sert à former des termes spécialisés. Il n’existe que comme radical dans des mots dérivés (formés à partir d’une base + préfixe/suffixe) se référant au feu, comme ignifuge ; mais aussi des mots très rares, savants et étranges comme ignivome, ignition, ignicole, etc.
Et pompier ? C’est un dérivé de pompe (à eau), du néerlandais pomp « tuyau » – qui n’a aucun rapport étymologique avec la pompe, au sens de « faste », du grec pompè « cortège ».
Force et courage à nos pompiers qui luttent contre le feu !

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